Monday, June 26, 2006

AMOUR DESIR PASSION ET LIBERTE

PASSION :

Le terme passion vient étymologiquement du grec « pathos » qui définit ce que l'on subit par opposition à l'action, « tout ce que le corps fait subir à l'âme » ; c'est une émotion intense qui vous envahit et dont on « pâtit » ; une mise sous dépendance par un agent extérieur et rendant inapte à user de sa volonté ou de sa raison pour décider rationnellement de sa conduite.
Passion a aussi une racine latine : PASSIO qui signifie un état de souffrance physique, une maladie que l'on supporte. Ce mot est introduit par la pensée chrétienne, il désigne les Souffrances de JÉSUS- CHRIST, souffrance très violente acceptée jusqu'à la mort pour atteindre l'extase rédemptrice. Derrière cette notion il existe une idée de passivité volontaire ; une souffrance subie mais ardemment désirée afin d'atteindre une jouissance extrême ; Derrière cette apparente passivité il existe une forme de volonté quasi masochiste de baigner dans cette souffrance jusqu'à la jouissance.Dans le Dictionnaire Lalande la passion désigne « une tendance d'une certaine durée assez puissante pour dominer la vie de l'esprit ». La passion amoureuse en est l'illustration, mais dans ce contexte, elle s'apparente à une addiction ; une drogue qui peut disculper certains comportements obsessionnels liés à la possessivité : la jalousie, la violence au maximum le crime passionnel ; en fait cette passion amoureuse conduit à une attitude irraisonnée donc non pénale parce que la situation renvoie dos à dos 2 victimes l'une soumise à une influence indépendante de sa volonté donc non libre de ses actes et une autre subissant le tumulte de ce ou de cette passionnée jusqu'à cet acte délictueux ou du moins outrancier. La personne objet de cette passion se trouve à son tour privée de sa propre liberté. Sans créer de pléonasme, certaines passions amoureuses sont pathologiques comme on peut les observer dans certains troubles psychologiques tels que l'érotomanie.C'est un délire passionnel chronique lié à l'illusion durable d'être aimé par une personne, le plus souvent inaccessible ; ce trouble décrit dés le début du 20° siècle par Clérambault comme une psychose passionnelle ;
Elle évolue en 3 stades :
ESPOIR : la personne passionnée espère que son amoureux va déclarer ouvertement sa flamme ;
DECEPTION : la dépression peut conduire jusqu'au suicide.
RANCUNE : avec agressivité pouvant aller jusqu'au meurtre de la personne aimée.Cet état de passion a par conséquent une connotation péjorative :

- Les stoiciens donnent à cet état la valeur d'un trouble , de déséquilibre ; par son caractère irraisonné, la passion s'oppose à la sagesse ; l'emportement qui en résulte va à contrario de la raison philosophique. L'apathie ou indifférence complète aux passions est valorisée dans cette quête du savoir philosophique.

- Platon également pense que la passion ne peut être qu'à l'origine d'erreurs, mensonges ou illusions ;

- Descartes (Les passions de l'âme) insiste sur cette perte du sens critique liée à cette émotion dangereuse ; la passion est le fruit d'une action du corps avec une passivité de l'âme ; l'âme du passionné est asservie par le corps

- Kant également dénonce la passion comme une « véritable maladie » qui annihile notre volonté en assujettissant l'homme.

- Le christianisme au secours de la passion : Si le christianisme rejoint les stoiciens pour reconnaître que la passion amoureuse est dangereuse car elle nous détourne de nos vrais devoirs et nous prépare à de terribles souffrances , le christianisme valorise un amour transcendantal pour dieu ; cet exercice devient alors incompatible avec un attachement amoureux humain.C'est le cas notamment chez certains moines ; « moine» provient par ailleurs du mot « monos » qui veut dire seul ; la sagesse et la passion ne peuvent s'épanouir que dans la solitude.

- Les romantiques allemands vont revaloriser la passion comme moyens de dépasser la médiocrité humaine par la découverte de ressources de soi-même méconnue ; Cette passion permet de dépasser la finitude humaine par ce tremplin sur cette illusion d'infini. Mais le retour inexorable vers la finitude amoureuse entraîne un atterrissage brutal parfois désespéré
- Pour Hegel « rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion. » L'homme passionné est une heureuse victime d'une illusion « la ruse de la raison » qui lui permet de bâtir l'histoire. Les passions individuelles sont les « valets psychologiques » de « l'esprit universel ».

AMOUR :

Il est difficile de donner une définition au mot amour sans le restreindre dans des schemas trop restrictifs ;D'après le Dictionnaire, c'est un sentiment d'attirance, affective ou physique (sexuelle ) qu'un être éprouve pour un autre avec lequel il cherche à s'unir par un lien généralement étroit. J'ai retrouvé une autre définition qui me parait plus exacte sur le lien : www.cheztom.com/amour-tentative-de-definition-article1.html; c'est une définition extraite du livre de Scott Peck ( rencontres ) : aimer c'est vouloir faire grandir l'autre. c'est à dire se consacrer au développement et à l'épanouissement de l'autre par l'impression du caractère unique et irremplaçable de l'être aimé.Pour Comte-Sponville ( petit traité des grandes vertus ) il existe 3 types d'amour qui peuvent coexister pour un couple donné :

- L'amour EROS ; défini par Platon ; c'est l'amour conjugal avec toutes les nuances jusqu'à l'amour passion ; c'est l'amour possessif avec tout le cortège de souffrance qui en découle ;

- L'amour Philia défini par Spinoza ; c'est l'amour oblatif par opposition à captif ; c'est un amour qui pousse le sujet à se donner lui-même ; le but est le bonheur de l'autre dans le respect de l'autre ; dans cet amour, le couple s'épanouit par une bienveillance et une confiance réciproque ; c'est l'amour-joie car il exprime la satisfaction et la gratitude que l'autre existe.

- L'amour AGAPE ou sublime défini par les chrétiens ( agapé : est le repas du soir pris en commun par les premiers chrétiens et au cours duquel était célébré le rite eucharistique ). L'amour est transcendé , sublimé ; l'amour pur , gratuit, désintéressé, compassionnel est mis en valeur avec une connotation mystique ; on retrouve pour le partenaire un amour comparable à l'amour divin. En fait il n'existe pas 3 sortes d'amour mais un seul dans lequel toutes ces composantes peuvent s'exprimer simultanément ou alternativement ; A travers ce mot amour, on retrouve des notions très disparates voire antagonistes ; Bienveillance cohabite avec possessivité ; de même que générosité avec narcissisme, ou amour avec amitié ou charnel avec sublimeL'amour est « le besoin d'aller vers » ; c'est la pulsion qui nous conduit vers autrui pour atteindre un bien-être physique ou psychique ; l'amour associe une érection physique à une érection mentale

La Vision psychanalytique

Freud associe à l'amour une pulsion sexuelle ( la libido ) elle s'oppose à la pulsion de mort; la pulsion est inconsciente mais le désir manifesté est qui en découle est parfaitement conscient.Le désir sexuel est satisfait par l'acte sexuel ; mais la satisfaction complète est exceptionnelle d'où 2 types de réaction soit refoulement avec risque de conversion pathologique, soit sublimation par l'art, la religion etc ..le symbole amoureux un cœur transpercé par une flèche est une expression populaire de cette sublimation du sexe ; L'amour est le souhait d'être aimé par l'idéal du moi projeté sur la personne aimée En effet la pulsion amoureuse est modifiée par 3 notions :

- Le complexe d'oedipe : l'enfant doit renoncer en grandissant à ses premiers désirs (libido pour la mère et pulsion de mort pour le père chez le garçon ou l'inverse pour la fille ) ; mais le psychisme adulte reste marqué par ces pulsions expliquant l'attraction amoureuse pour des femmes ayant une analogie avec la mère ;

- Le narcissisme : c'est un report de la libido sur le moi à un stade précoce de l'enfant.( narcissisme primaire ) ; dans le narcissisme secondaire, on observe un repli de la libido sur soi consécutive à une perte d'objet d'amour extérieur ; l'amour est donc ce redéploiement de ce narcissisme primaire sur l'être aimé ; l'amour représente une tentative de restaurer cette unité narcissique ; cet amour de vient passion quand la personne aimée correspond totalement à l'idéal du moi ; mais cette illusion doit s'accompagner de la conviction que cet amour est réciproque ajoutant un narcissisme à un autre en l'amplifiant ; inversement en cas de rejet par l'objet aimé, le narcissisme est frappé d'une violente injure allant jusqu'à la dévalorisation totale ; cependant l'amour pou côtoyer la haine ; il existe une ambivalence de la pulsion ; L'amour entraîne une satisfaction narcissique mais en même temps il déclenche cette sensation de haine inconsciente de dépendre d'autrui. Cette haine s'exprimant par des tendances sado-masochistes.

- Le transfert

Par définition c'est le transfert positif : c'est le mécanisme, au cours duquel « un sujet en cure psychanalytique reporte sur son thérapeute les sentiments d'affection qu'il éprouvait primitivement, surtout dans l'enfance pour ses parents ou ses proches » (dictionnaire de l'académie ).
Les mécanismes de transferts apparaissent dans la relation amoureuse ; le seul fait d'être à l'écoute du partenaire, de lui manifester soutien et empathie suffit à augmenter la puissance amoureuse ; ce sentiment de confiance va révéler cet amour primitif pour ses parents. Il est clair que dans ce cas l'idéal du moi va être transféré sur la personne objet ; et les éléments narcissiques vont être prédominants ; l'autre devient un paravent à l'angoisse. Ce dialogue de couple pseudo psychanalytique pourrait être un excellent préliminaire avant un acte sexuel. La connaissance de l'autre est un démultiplicateur de la puissance amoureuse. On passe vite de la spéléologie de l'âme à la spéléologie du corps ;

LA LIBERTE

La liberté a trois sens :

le libre arbitre : c'est la faculté absolue de se déterminer soi-même dans son action, sans être dirigé dans son choix par toute cause déterminante.

La liberté de spontanéïté : s'oppose non pas seulement au déterminisme mais à la contrainte ; c'est la capacité pour une personne de choisir sans qu'aucune cause extérieure ne l'y contraigne donc dans une entière contingence ;

La liberté de la Raison : s'oppose à la passion, , c'est un état de celui qui agit à la lumière de la raisonExercer son libre arbitre n'est pas nécessairement exercer sa liberté ; inversement exercer sa liberté exige d'exercer son libre arbitre.La liberté pourrait être l'affirmation de sa propre nature ; Spontanément l'homme voudrait une certaine forme de bonheur ; la liberté de faire ce qu'il veut quand bon lui semble ; cela implique la possibilité d'imposer tyranniquement ses décisions contre tout et tous. La liberté est donc la faculté d'être soi-même en s'opposant à toutes les entraves à son bonheur.

Le DETERMINISME :

Nos envies, nos pulsions sont déterminées par différents éléments :

1° Les influences hormonales Une stimulation exogène peut déclencher une sécrétion hormonale à l'origine d'un comportement adapté ; une baisse de la volémie ou une ingestion excessive de sel va être à l'origine d'une sensation se soif qui va déclencher une action volontaire de boire.Dans les 50 premiers jours de la vie, le nouveau né masculin secrète de la testostérone, hormone mâle, qui va développer une zone cérébrale appelée aire pré-optique de l'hypothalamus ; cette sécrétion va induire des comportements plus agressifs, plus « sexuels que affectifs. » que la femme, une plus grande sensibilité aux stimulations visuelles ou olfactives.On a souvent accusé la testostérone d'avoir un rôle dans l'agressivité ; mais en synergie avec d'autres hormones comme l'adénocorticotrophine, la prolactine, l'œstrogène, la progestérone et l'adrénaline ;Ce déterminisme, déduit du comportement animal, est conforté par certaines observations :
- il y a beaucoup plus d'hommes que de femmes condamnés pour des crimes violents
- la prise d'anabolisant dans le sport à des fins de dopage entraîne une volonté exacerbée proche de l'agressivité ;
- les hommes condamnés pour des crimes violents ont des niveaux plus élevés de testostérone que les hommes non criminels ou que les hommes condamnés pour d'autres crimes Cependant lorsque l'on emploie des drogues pour réduire le taux de testostérone, on ne modifie pas le taux de récidive ; En fait le taux de testostérone est impliqué mais son rôle n'est pas principal ; plus l'espèce est évoluée avec une organisation sociale évoluée, plus cette socialisation et l'éducation vont tempérer ces comportements primaires.Chez la femme, il semble que la testostérone joue un rôle dans l'excitation sexuelle en particulier pendant la période menstruelle

2° Les influences éducatives

L'éducation confère une certaine morale qui va inhiber certains comportements réprinés par cette morale ou induire d'autres comportements adaptés à la vie en société ;Les principes moraux sont propres à une société ; ils obéissent à des règles culturelles et cultuelles ;

3° Les influences sociales

La liberté de mon plaisir ne connaît théoriquement pas de limites ; la société humaine va cependant imposer des contraintes de nature à préserver la liberté d'autrui ; notre liberté s'arrête là où commence celle des autres ; la justice va réprimer certains comportements asociaux en référence à un code de bonne conduite.

4° Les influences du vécu

L'expérience de la vie a conduit à l'établissement de réflexes ; d'association d'idées entre une situation et un comportement ; l'attraction du feu des enfants est tempérée par l'expérience de la brûlure ; l'instinct de survie va nous détourner des situations à risques ou nous apprendre à les contourner ;Sur le plan affectif, le vécu dans l'enfance va conditionné considérablement la vie amoureuse ultérieure ; on sait l'importance de l'influence de l'amour parentale dans l'établissement des schémas amoureux ultérieurs ;

5° Les influences de l'inconscient

L'inconscient est l'ensemble des réalités psychiques qui échappent à la conscience ; dans la théorie psychanalytique, l'inconscient est le siège de toutes les pulsions et désirs refoulés ; ceux-ci vont s'exprimer par le rêve et peuvent influencer nos actes et donc notre liberté Le fantasme est l'expression de toutes ces situations suscitées par nos désirs inconscients ; ils jouent un rôle important dans la vie amoureuse.L'inconscient peut être manipulé par des menaces externes : les images subliminales. Elles sont constituent une atteinte à notre liberté ;

Images subliminales : ce sont des informations qui parviennent directement à l'inconscient ou au subconscient sans passer par l'esprit conscient ; elles peuvent visuelles ou auditifs ;Les images subliminales sont des images dissimulées dans une image fixe ; ou des images brèves et "masquée" par d'autres images qui la précèdent, qui la suivent ou qui l'entourent.( 1 des 24 images à la seconde du cinéma ou 25 à la télévision )L'œil les voit à l'insu du cerveau ; ces images ont été utilisées à des fins marketing (vendre du coca cola ) ou pour une manipulation électorale ( François Mitterand aurait bénéficié d'image subliminale sur le journal Antenne 2 ou Georges BUSH en 2000 )ou à des fins sectaires ( l'église de la scientologie a été accusée de telle manipulation ).

6° L' influence de notre patrimoine génétique

Les traits de caractère de chacun est déterminé par ses gènes ; l'agressivité, la paresse, la dépression pourrait avoir un support génétique ; ce déterminisme génétique pourrait justifier un certain fatalisme ; on a accusé le caryotype XYY d'être une prédisposition à la délinquance.

Au total ce déterminisme quel que soit sa nature serait de nature à disculper de sa responsabilité. La responsabilité est directement liée à la liberté ou au libre arbitre.En fait cette notion de libre arbitre est une caricature de la liberté car les influences que subit un individu sont composites ; ces influences vont être le plus souvent soumis à la réflexion qui va intégrer les causes et conséquences de nos actes et proposer une attitude consentie en toute clarté.La Liberté devient donc la capacité de choix réfléchi et non contraint par nos penchants.( Kant ).

Etre Libre suppose de prendre d'abord du recul par rapport à nos désirs puis après délibération réfléchie une autodétermination face à ces désirs.

La liberté s'oppose donc à la spontanéité.

PASSION et LIBERTE

D'après la définition de la passion, il apparaît évident que le passionné n'est pas libre ; La passion est un élément que l'on subit ; c'est donc une mise sous tutelle par un agent extérieur et rendant inapte à user de sa volonté ou de sa raison. Le point de départ est le DESIR ; il n'est pas de passion sans désir ; Mais en devenant exclusif, le désir devient passionnel ; la conscience est envahie par ce désir qui devient OBSESSIONNEL ; la conduite devient déterminée par une idée fixe nourrie de Fantasmes de son objet ; Le passionné se déconnecte en permanence de la réalité pour demeurer dans cet état passionnel ; cet état paroxystique, ce TSOUNAMI émotionnel avec toute l'énergie qu'il comporte entraîne une perte du jugement.Cependant sans revenir sur le thème de l'érotomanie, la passion implique un minimum d'accord de la personne concernée ; cette adhésion conforte cette passion et s'intègre dans un narcissisme réciproque ; Mais cette « vague » amoureuse va submerger l'objet au point de le noyer ou du moins l'emprisonner dans une construction psychique qui lui échappe ;La passion exclut tout compromis ; l'objet sublimé doit prendre place dans cette construction fantasmatique qu'il doit tenter d'apprivoiser pour survivre ;L'amour passionnel est donc le contraire de l'amour raisonnable ; bati sur une impulsion viscérale, il est irréfléchi ; il s'exprime par une conduite excessive, inattendue et le plus souvent insencée ; Il se porte sur la personne objet sans discernement, sans réflexion ; En incarnant l'idéal de ses attentes, cette personne objet va être enfermée dans un schéma préexistant sublimé ; un amour imaginaire ; Il existe un une forme d'envoûtement volontaire par un futur impossible ; le passionné se complait dans ce monde imaginaire car il redoute le retour de la réalité ; Episodiquement, le passionné éprouve cependant une semi lucidité en prenant conscience que ce n'est pas l'autre qu'il aime mais tout simplement être amoureux. Du fait de cette exclusivité, le passionné a la conviction de la propriété de l'autre ; tout écart peut être à l'origine de violence pur cet autre qui a failli à son devoir de possession ; cette violence inspirée par la jalousie est en fait l'expression de cette haine de SOI retournée contre l'autre ; cette haine résulte inconsciemment de cette dépendance addictive ; La souffrance infligée à l'être aimé est la traduction de cette souffrance intérieure avec souvent une pulsion de mort. On peut aussi bien aimer passionnément que haïr passionnément d'où l'ambivalence constante inhérent à cette Energie. Cette vision négative de la passion réduite au rang d'addiction a inspiré pendant longtemps la philosophie qui inversement est en quête de la sagesse ; Cette connotation péjorative doit cependant être nuancée : La passion est un peu comme cette énergie nucléaire dont la puissance fantastique permet de produire aussi bien un effet destructif considérable que de l'énergie domestique au service de l'homme.Cette énergie peut constituer un moteur qu'il faut maîtriser, une formule 1 dans les mains d'un pilote chevronné. Classiquement l'autre est réduit au stade d'objet dont le rôle est de satisfaire aux attentes de l'EGO de ce passionné.cependant si à cette passion, était associée, quand cela est possible, une baisse de ce narcissisme originel, une prise de conscience de l'altérité de l'autre, un respect de son identité, La passion laisse alors place à la Compassion voire à la CO-PASSION ; Cette liberté d'aimer ne peut s'exprimer que si cet amour le rend heureux ; cette énergie formidable propre au passionné alors domestiquée sera de nature « à soulever des montagnes ». La souffrance, déclenchée par les tentatives de l'autres à assumer son altérité, peut être apprivoisée par l'exercice d'autres passions ; la concentration sur d'autres centres d'intérêt va permettre une positivation de la situation ; un contrôle subtile de son égo ; Les Passions sont donc peut être le remède de la passion ; La tradition philosophique s'est souvent opposé à la passion vue comme un esclavage consenti ; Les Epicuriens ont fait l'éloge de L'ATARAXIE et les Stoiciens de l'APATHIE . Ces 2 notions voisines désignent un état qui n'est ni actif, ni émotif ; ce terme n'avait pas le sens négatif actuel, l'apathie désignant cette sagesse, cette tranquillité intérieure. La passion retrouve ses lettres de noblesse en donnant à l'homme la faculté de se dégager de la médiocrité ordinaire de la condition humaine. Elle permet de renoncer, au moins passagèrement au quotidien insipide et à la répétition monotone de geste que la raison nous impose sous le prétexte du libre arbitre ou du devoir à accomplir.

AMOUR ET LIBERTE

Le sujet est plus vaste
Ces 2 termes ayant été préalablement définis, la difficulté réside dans la dimension et le polymorphisme de la notion d'amour.

L'AMOUR EST EN GENERAL LE CONTRAIRE DE LA LIBERTE

C'est une prison dans la quelle notre enfermement est librement consenti au profit d'une symbiose, d'une comensalité, un bonheur attendu.L'exemple type est le COUPLE FUSIONNEL ; Ce couple réunit 2 individualités qui ont en commun un manque réciproque et complémentaire ; Les 2 personnalités comblent leur insécurité individuelle par une relation de CO-DEPENDANCE. La céllule devient une unité autarcique qui rend difficile tout lien avec tout être extérieur ; Ce type de couple des sentiments ambivalents sur l'entourage
- insupportable le plus souvent du fait de l'inutilité d'autrui
- admiration teintée de jalousie pour les infortunés d'un tel bonheur apparent.Ce lien privilégié a pour conséquence la sensation de manque en cas d'absence de l'autre ; on retrouve cette dépendance addictive envisagée précédemment avec tous les mécanismes visant à faire perdurer cette dépendance.La principale menace est le TEMPS ; après érosion de cette première phase d'excitation, la volonté de préserver cet amour fusionnel rend nécessaire des stimulations plus fortes pour le réactiver ;
- Dans le cas le plus simple, une décroissance symétrique chez les 2 partenaires va faire naître un nouveau type de relation plus durable basée sur la complicité, l'amitié, le développement de projet commun.
- En cas de dissymétrie de cette corrosion, l'unilatéralité de cette décroissance va faire naître une certaine souffrance qui va s'exprimer par de la jalousie.Sans évoquer la jalousie morbide, des mécanismes de protection du couple vont se développer dans le but de retenir l'autre :

1° - La réaction la plus primaire est la dissimulation du partenaire ; hors de portée de tout rival qui sera automatiquement critiqué

2° - On pourra exiger l'exclusivité du temps de l'autre en le rendant indisponible à tout autre activité ( grossesse répétée, présence constante des enfants ..)

3° - On pourra provoquer la jalousie de l'autre par le jeu de la séduction d'autrui

4° - mettre en valeur ses atouts :

PHYSIQUES : amincissement, relooking, bronzage, port de vêtement affriolant agrémenté de streaptease de qualité professionnelle.
FINANCIER : cadeau de bijoux somptueux, voyage dans des destinations mirifiques
INTELLECTUEL ET MORAL : la mise en avant d'un grand savoir et d'un savoir faire ( compétence aux massages des pieds, aptitude à résoudre les tracasseries ordinaires )

5° - Emettre des signes de possession
- Tendresse verbale agrémentée du possessif (ma chérie, ma libellule,mon amour etc. )
- signaux physiques : tenir la main ou tenir par le bras
- Le port d'objet distinctif ( vêtement spécifique offert en cadeau, port d'une alliance ou pire d'un tatouage.

6°- Les signes sont parfois négatifs voire coercitifs
- en dépréciant l'autre ou en manifestant des réactions de violence verbale ou physique.
- En menaçant les rivaux ou en les agressant.


LE COUPLE INDEPENDANT

Il s'oppose point par point au couple fusionnel . Il se constitue de 2 électrons libres « sexuellement et émotionnellement ». Le principe est l'égalité, le respect de l'autre ; nul n'impose son désir à l'autreLes décisions sont logiques, raisonnées Une réévaluation régulière de la relation permet sa poursuite dans le cadre d'un intérêt réciproque ; c'est « un amour confluent ». Cet amour bien que basé sur un attachement tolère l'infidélité passagère tant que l'autre en est informé ; il n'est pas exclusif ; il s'oppose en cela à l'amour romantique.L'infidélité rappelle au partenaire accoutumé qu'on demeure toujours désirable et qu'il existe une menace d'attachement exogène. L'élément tiers devient un vecteur d'inquiétude donc de désir ; à moins que l'insécurité provoque une inhibition paralysante. Inversement le libertinage peut être accepté comme un remède ; je ne peux interrompre la course de la roue qui dévale le long de la pente, cependant je peux la contrôler en courant dans la même direction ; Si on se trompe tout de suite d'un commun accord, cela n'arrivera pas plus tard dans la clandestinité ; Mais ce type d'union n'échappe pas non plus à la rupture mais préserve la liberté ; c'est l'adultère maîtrisé ; en dehors de toute notion morale, le risque d'attachement à autrui demeure cependant présent dés que la source de plaisir devient addictive ; Il n'est rien à craindre d'un rival minable, inversement un rival de qualité, estimable sera source d'inquiétude, une jalousie dévastatrice pourra naître de que la nouveauté est apte à produire. L'attachement à quelqu'un devient durable si les sources d'attachement sont autres que sexuels ( sans nier leur importance ) ; Les passions communes, les objectifs communs comme construire sa maison, voyager, élever sa famille, les credo religieux ou caritatifs sont autant de catalyseur de la persistance de l'attachement.

BASES NEUROPHYSIOLOGIQUES DU DESIR

à suivre

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