Monday, April 30, 2007

Origine de la Religion

Origine de la religion

DEFINITIONS :

Etymologie :
- Incertaine selon E.Benveniste dans le vocabulaire des institutions indo-européennes 1969
- Selon certains auteurs chrétiens comme Lactance et Tertullien, le terme religio vient du mot latin : « ligare » ou « religare » : qui signifie lier ou relier ; la religion serait le lien entre l’humain et la divinité c’est à dire une relation de piété avec Dieu , l’homme assujetti à Dieu par son acte de foi exprimerait par la religion sa dépendance envers un principe supérieur ;
- Autre origine évoquée par Cicéron : religio serait associé à « ligere » qui signifie cueillir, ramasser ou « religere » qui signifie recueillir; « religion est synonyme de scrupule, de soins méticuleux, de ferveur inquiète » ; dans cette perception, la religion évoque cette idée de scrupule, de zèle dans l’observance des rites avec leur caractère par essence répétitif ;
- Religion renvoie à 2 aspects : la croyance en un être divin transcendant et des pratiques cultuelles dans un système donné ;
- La croyance : adhésion spirituelle à un pouvoir, un principe supérieur de qui dépend la destinée et à qui obéissance et respect sont dus ;
- Cette croyance repose sur une conviction personnelle , intime, sans support rationnel ; cette manifestation de dieu à la conscience de l’homme est la révélation et sa conséquence est la foi;
- Cette expérience est de nature émotionnelle, affective ; issue d’une intuition, elle se transforme en vérité inébranlable, parfois l’objet de dogmes ou de rationalisations ;
- L’expérience du sacré exerce sur l’individu une force puissante, terrifiante, bouleversante en même temps que attrayante et envoûtante ; cette irruption du sacré dans la conscience entraîne une pénétration dans une nouvelle dimension ; la manifestation de la révélation est comparable à celle du « coup de foudre » , de la passion amoureuse à l’origine d’un bouleversement prodigieux de toute l’existence ;
- Cette rencontre est sublime, à l’image précisément de nos attentes et donc d’une puissance indéfectible ; la question reste donc de savoir si Dieu a créé l’homme ou si, au contraire, c’est l’homme qui a créé Dieu, à son image ( anthropomorphisme ) avec une dimension supplémentaire d’infinitude et de grâce ; qualités auxquelles l’homme aspire dans son imaginaire ;
- Les pratiques cultuelles sont les manifestations exotériques des religions ; elles font appel à :
des prières, des chants liturgiques, homélies, sacrifices, pénitences et cérémonies initiatiques ( baptême, circoncision) ; ces traditions propres à chaque religion sont souvent le reflet de ces sociétés ; elles sont transmises et adaptées de génération en génération ; l’unité de transmission est le binôme maître-élève avec comme support la loi orale ou écrite ; la loi orale a comme supériorité la modularité en fonction des siècles, et l’impression pour celui qui en a hérité d’être détenteur d’un savoir prodigieux mais périssable d’où la mission de le transmettre à nouveau selon la même séquence d’initiation.
- Mais peut-il y avoir de religions sans croyances ?
Par définition la religion présuppose la croyance quelle que soit sa forme , mystique ou conceptuelle ;
- Cependant les religions définissent souvent une entité ethnique socioculturelle ; l’élément cultuel devient un élément d’intégration dans ce groupe ; un moyen de reconnaissance dans une certaine identité et par la même une acceptation par ce groupe ; cette attitude suppose une certaine vulnérabilité , une dépendance, non pas d’une divinité supérieure, mais d’un groupe dans lequel on s’épanouit en apparence ;
Pour Durkheim que nous reverrons, certaines religions comme le bouddhisme peuvent reposer sur une absence d’idée de dieux ou d’esprit ; à ce titre on peut considérer le bouddhisme comme une philosophie athée ; il existe des rites sans Dieux et également des rites d’où dérivent des Dieux.

Physiologie de l’HOMO RELIGIOSUS

Il est très difficile de définir l’origine du processus religieux ; il est probable qu’il date de moins de 100 000 ans, à l’ère du Neandertal où on retrouve les premiers cultes des morts avec les premières sépultures ;
On peut considérer, en effet, que deux éléments traduisent le sentiment religieux : le culte des morts et l’expression artistique sur les parois des cavernes ; cette dernière étant plus caractéristique de l’Homo sapiens ;
La mort, la crainte des phénomènes naturels et l’inconstance des moyens de subsistance par le fruit de la chasse ont éveillé en l’homme un sentiment d’insécurité, de vulnérabilité qu’il a fallu dépasser par des prières, des rites, des sacrifices ; la religion primitive est un dialogue de sourd entre le naturel et le surnaturel ; elle fait appel à 2 croyances au moins : L’animisme et le chamanisme ;

- L’Animisme est la croyance selon laquelle la nature au sens large ( les choses inanimées y compris ) est régie par l’existence des Ames ou des Esprits ; certains êtres peuvent ainsi réapparaître lors d’hallucinations ou de rêves ;

- Le Chamanisme fait intervenir un médiateur, le chaman ( sorcier, devin ), entre les Esprits et les humains ;
Par le biais de la vision ou de la transe, le Chaman est susceptible de rentrer en contact avec l’autre monde ;
Le chamanisme semble être à l’heure actuelle l’idée la plus adaptée pour expliquer l’art et les pratiques paléolithiques ; c’est la conclusion d’un spécialiste de l’art rupestre : Jean Clottes www.futura-sciences.com; Chamanisme paléolithique : fondement d’une hypothèse
Cette vision devait certainement correspondre à une attente car la croyance chamaniste s’est propagée à tout le nord de la planète ; l’Asie, la Sibérie, la Scandinavie, le Canada, tout le Continent Américain ;
Cette première phase animiste de l’humanité trouve son fondement dans le caractère énigmatique des phénomènes naturels et l’insuffisance de l’explication « rationnelle » ; l’inexplicable cesse de l’être si on introduit une nouvelle dimension : l’invisible, le surnaturel ; les rêves, les visions de l’extase, le comportement étrange des crises comitiales sont interprétés comme des représentations de phénomènes extérieurs à l’individu ; une possession par des esprits ; d’où la place des magies blanches ou noires ;
- La magie blanche pour l’usage positif thérapeutique de la magie (désenvoûtement)
- et la magie noire dans le domaine du néfaste (vengeance, envoûtement) ;
Dans toutes ces magies, l’objet se trouve affublé de propriété fétichiste et le prêtre ou le sorcier sont auto investis d’un pouvoir social et religieux ; les médiateurs de ce pouvoir sont l’acte sacré qui est théâtralisé ( magie gestuelle ), la parole, qui associée à l’acte permet l’incantation ( magie du verbe ); les ingrédients de la religion primitive se trouvent ainsi réunis avec pour finalité la résolution des angoisses et des énigmes ;

Les déluges de la période de la fonte des glaces et les pluies diluviennes de la fin de la dernière glaciation ont influencés la pensée religieuse qui imaginait que des dieux jaloux menaceraient une espèce humaine coupable par son comportement ( Kronos qui mange ses enfants, le déluge de la bible avec l’arche de Noé ), par ailleurs l’essor de l’agriculture avec les cycles naturels des saisons permettent le développement des thèmes de l’Eternel Retour : résurrection, régénérescence et transmigration des Ames ;
Le travail est la conséquence de la relation de soumission de l’homme face aux dieux ;
L’élevage prend également naissance et un animal prend une place de choix : le Taureau ; il incarne, depuis la préhistoire, la fécondité, la puissance sexuelle et la force physique ; ce culte du taureau s’est prolongé dans les religions égyptienne et indienne ( vache sacrée ) et dans les rites de Mithra ;
Avec la satisfaction des besoins vitaux, l’homme va se dégager de son animalité ; la religion va se libérer de sa culpabilité originelle en élevant la réflexion ; le rôle politique de la religion permet le renforcement de l’ordre social ;

Sociologie du processus religieux

Pour Emile DURKHEIM ( 1858-1917 ), sociologue et philosophe athée néokantien, , le TOTEMISME est la forme primitive de la religion ;
Durkheim s’intéresse à la sociologie du fait religieux en prenant un modèle à portée universelle : la religion des anciens polynésiens et celle des Aborigènes australiens.
le totémisme est une organisation tribale, clanique fondée sur le totem ( objet qui sert d’esprit protecteur au clan) ; la division sociale en clan est bâtie sur l’ordre religieux ( la croyance totémique ); ordre social et ordre religieux sont en concordance directe ; l’individu ,en s’incluant dans le sacré, peut s’identifier à ce totem collectif et se différencier des autres clans ;
La vie religieuse suppose une force prodigieuse qui émane en fait de la société ; « si ( le totem) il est, à la fois le symbole de dieu et de la société, n’est-ce pas que le dieu et la société ne font qu’un ? » ;
L’origine du fait religieux serait donc un anthropocentrisme ou plutôt un socio-centrisme
Le phénomène religieux a pour finalité d’élever l’individu au-dessus de lui même tout en en le liant aux autres individus de cette communauté spirituelle ; la société n’est pas seulement la source de la religion mais également de toute la pensée logique, ou scientifique.
Durkheim donne la définition suivante du processus religieux : « un système de croyances solidaires et de pratiques relatives aux choses sacrées(…) qui unissent en une même communauté morale, appelée église, ceux qui y adhèrent » ; dans cette définition il n’est pas fait allusion à une quelconque divinité ; la religion a pour origine la société elle-même ; la religion est définie comme un fait social, antérieure à la naissance de l’individu, extérieur à celui-ci et persistant après sa mort ; elle n’est pas fondée sur des phénomènes d’illusions (illusionnisme développé par Max Muller 1873 ) ou d’hallucinations ( théorie de l’animisme développé par Tylor ) ;
Durkheim fait un parallèle entre Dieu et la société ; Dieu ne serait qu’une transfiguration inconsciente de la société ; loi sociale et loi divine ne font qu’un en contrôlant l’action à 2 stades différents ;la loi sociale réprime des actes délictueux commis, la loi divine réprime des délits commis au stade de simple pensée ; enfin s’il est possible d’échapper à une sanction judiciaire, il paraît impossible d’espérer une impunité de la loi divine omnisciente ;
la société peut exercer sur l’individu son pouvoir contraignant en prenant appui sur l’élément abstrait et transcendant de la religion ; l’intériorisation mentale des normes définies par l’ordre social permet ainsi la conservation, et la transmission de cet ordre. La religion ne serait plus alors une relation entre l’homme et la divinité mais une relation sociale bâtie par ce ciment religieux ; l’effort de Durkheim a été de montrer cette correspondance entre ciment social et ciment religieux ;
la pensée religieuse semble fondée sur la dualité entre le temporel et le spirituel ; le sacré et le profane ; le sacré, protégé par les interdits, qui utilise de nombreuses représentations comme les croyances, les mythes ,les dogmes, les légendes ; et le profane qui subit l’influence normative de la morale religieuse.
La pensée religieuse évolue progressivement vers une conceptualisation ; Le polythéisme païen va laisser la place au monothéisme judéo-chrétien et islamique ; le monothéisme conçu comme un système universel s’imposera à une grande partie du monde comme une vérité dogmatique ;
La confiance absolue en la parole révélée par l’Homme-Dieu, le Christ, est l’élément moteur de la foi dont le principal ennemi est l’exercice de la raison héritée de la philosophie grecque; la priorité est l’humilité religieuse face au Logos divin ;
On oppose 2 types de religion même si l’opposition n’a pas été constante ; les religions fermées comme le judaïsme qui édifient une forme de rempart protecteur l’isolant de l’environnement extérieur et les religions ouvertes comme le christianisme qui ont la volonté de transmettre un message divin à l’univers et qui par conséquent auront une tendance prosélyte ;
Ainsi la pensée religieuse devient conquérante et va se tourner vers les religions païennes ou animistes pour les assimiler ; La pensée fétichiste n’est plus réellement un obstacle au christianisme ; un compromis, voire un syncrétisme, s’établit avec la vision organique des Dieux païens ; la matérialité de DIEU s’exprime en particulier au travers de la conception de l’homme-Dieu ;
S’opposant au Judaïsme originel, le christianisme donne au sacré une représentation concrète, matérielle compatible avec un polythéisme général muté en monothéisme ; Une nouvelle dimension spirituelle apparaît ; Dieu n’est plus cet être jaloux , puissant, et violent qu’il faut honorer pour ne pas déclencher ses foudres mais un être compassionnel, bienveillant, paternaliste ;
La magie, l’animisme sont alors refoulés pour demeurer à l’état endémique dans la conscience, et ne s’exprimer que comme une expression archaïque ou un atavisme ;
Le message religieux révélé est L’AMOUR sublime ; l’amour en Dieu source du salut, victorieux de la mort ;
La « bonne nouvelle » c’est l’immortalité non seulement des âmes, mais des corps ;
La récompense pour une manifestation terrestre immédiate d’amour pour Dieu et pour l’Homme , est la promesse d’une résurrection ultérieure et une immortalité post-mortem ;
Mais les progrès de la science et de la rationalité vont être les principaux éléments à l’origine d’un bouleversement de la pensée religieuse et de la remien cause des Dogmes ; le point de départ est l’ouvrage de Copernic sur Les Révolutions des orbites célestes et les thèses de Galilée sur Les rapports de la terre et du soleil ;
Au XV° et XVI° siècle , on remet en doute les croyances de l’Eglise ; l’âge de la terre, la situation de la terre par rapport au soleil, la naissance de l’homme ; la cosmologie en général ; la Vérité religieuse perd ses fondements provoquant une véritable désorientation, une perte des repères ; par extension, les théories du Salut perdent toute crédibilité ;
Une révolution éthique voit le jour basée sur une forme de religion sans Dieu ;
Dieu est mort mais une nouvelle conception des rapports entre les hommes s’impose ; il faut conserver de la religion les bases morales à l’origine du droit politique et social ; l’expression de cette éthique est un nouveau système non plus révélé mais acquis : l’humanisme ;
Quant à Dieu, il appartient à chacun dans sa sphère privée d’y croire ou non ;
Pour Montesquieu , la religion est intéressante non pas en raison de la portée de sa vérité mais par son adéquation à une forme de gouvernement ; le protestantisme serait plus adapté à la république ; le catholicisme à la monarchie et l’Islam au despotisme.
Rousseau pense que la religion relève de la sphère individuelle , mais il va définir une religion civile ou naturelle reposant sur 3 dogmes :
- l’existence de Dieu
- l’immortalité de l’âme
- la liberté de l’homme
il s’agit en fait d’une religion civile basée plus sur le sentiment que sur la transcendance ; le Dieu de Rousseau, proche à ce niveau de celui de Spinoza, est immanent ; et la religion naturelle, élément minimum commun à une société, a cette supériorité d’être l’expression de la seule raison ; par sa nature, elle devient un rempart contre l’intolérance et la superstition ;
La religion civile n’a qu’un seul dogme « négatif » : l’exclusion de tout culte intolérant.
la religion de Rousseau, ni chrétienne, ni matérialiste, est indispensable car la nature humaine ne peut se débarrasser de Dieu, garant du « contrat Social »;
Chez KANT On retrouve, la conception d’une religion morale ; une religion avec « une église invisible » qui prêche un comportement moral désintéressé ; ce n’est plus Dieu qui est transcendantal mais ce comportement ;
On ne peut démontrer l’existence de Dieu par des preuves rationnelles ; il décrit les 3 paralogismes de la théologie rationnelle pour les contester:
- la preuve ontologique de Descartes : « Dieu possède toutes les perfections, or l’existence est une perfection, donc dieu existe » ou « si dieu n’existait pas il serait imparfait, or dieu est parfait, … donc dieu existe » or l’affirmation d’une existence ne peut être que le produit d’une expérience et non d’un concept ;
- la preuve cosmologique : tout effet a une cause ; or si le monde existe, c’est qu’une cause première, appelée Dieu, l’a créé ; mais qui a créé Dieu ?
- la preuve Téléologique : si Dieu n’existe pas comment expliquer l’ordre du monde ? un monde aussi harmonieux ne peut être le fruit du hasard ;
mais rien ne prouve que le monde a une finalité unique ; l’existence d’un être suprême est tout aussi indémontrable qu’irréfutable ;
Cependant pour Kant, la religion est un facteur d’espérance ; même s’il n’est rien à attendre d’une vie conduite dans le respect de la loi morale, la justification de cet ordre moral est transcendantal ; elle repose sur 2 postulats :
- L’existence de Dieu
- l’immortalité de l’âme ;
L’être humain ne peut se réaliser parfaitement que s’il existe une perspective de progrès infini qui ne se conçoit que dans l’immortalité de l’âme
L’impératif du devoir conditionne la vertu, laquelle conditionne à son tour le mérite d’être heureux ; Dieu devient le lien nécessaire entre la vertu et le bonheur ;

LES RELIGION ATHEES

SPINOZA 1632 - 1677

Baruch Spinoza est un philosophe juif qui a vécu aux Pays-Bas ; il mène une réflexion sur la pratique religieuse dans un ouvrage : TRAITE THEOLOGICO-POLITIQUE ( TTP ) paru en 1670
Après avoir défini dans L’ETHIQUE le concept de substance : « par substance, j’entends ce qui est en soi et est conçu par soi, c’est à dire ce dont le concept n’exige pas le concept d’une autre chose, à partir duquel il devrait être formé » en somme la cause sans cause de KANT, Spinoza attribut à cette substance aussi bien Dieu que la Nature ; la notion de Dieu qui est synonyme de la notion de Nature représente la cause immanente de tout ce qui existe ; cette pensée, qui est équivalente à un panthéiste, est en contradiction avec la notion de Dieu Transcendant et extérieur au monde ; les conséquences sont le rejet de tout déterminisme et une certaine forme d’Athéisme; l’homme libéré de toute volonté transcendante qui s’imposerait à lui, serait libre de conduire sa vie sans se soucier de son immortalité ; l’ontologie spinoziste est le point de départ d’un humanisme laïque ;
Spinoza distingue 3 types de religion :
- La religion-superstition : bien que ces 2 mots soient en contradiction, une certaine forme de religion peut s’exprimer par une tendance à la superstition c’est à dire un usage pervers de la crédulité à des fins politiques ; la finalité étant de maintenir les hommes dans un état d ‘aliénation et de soumission ; la religion-superstition n’est fondée sur aucune réflexion mais sur la crainte égoïste d’un malheur ou l’espoir d’une récompense en cas de comportement en accord ou en désaccord avec une croyance irrationnelle venue souvent d’un héritage païen.
- La religion morale et politique qui définit un code de bonne conduite permettant une vie harmonieuse entre les hommes sans se perdre dans des justifications rationnelles ou un enseignement ontologique; la priorité est donnée à l’action et à l’obéissance au détriment de la compréhension qui le plus souvent est illusoire ( « je fais puis je comprends » NAASSE VE NICHMA )
- La Religion PHILOSOPHIQUE
Le rapport à Dieu est celui d’une connaissance adéquate procurant une joie intérieure ou béatitude ; par extension , l’amour ne serait pas la fusion de 2 êtres, mais la joie éprouvée par chacun par la connaissance de l’autre ; l’amour de Dieu, que Spinoza appelle L’amour intellectuel de Dieu, est la joie de connaître un monde immanent sans espérer un échange « immoral » que Dieu puisse manifester de l’amour en retour ;
Il existe donc une opposition au monothéisme anthropomorphique et affectif, perceptible en particulier dans le christianisme ; un Dieu d’amour n’est pas un dieu compassionnel ; Spinoza lui substitue la joie ou la béatitude née de l’immanence assimilée dans sa dimension cognitive et rationnelle ;
Spinoza relativise le contenu des rites qui ne sont que l’expression d’une société donnée, et donc dénués de vertu universelle ;

NIETZSCHE 1844- 1900

Nietzsche essaie de comprendre le développement du fait religieux et sa décadence ;
Dieu résulterait d’un phénomène d’auto-suggestion ; une tentative délirante d’explication des phénomènes naturels ; confondant l’effet et la cause, l’homme édifie une théorie cosmologique et considère ensuite que ce qu’il a imaginé est le fruit d’une révélation divine ; par mécanisme de schizophrénie, d’illusion délirante, il admet comme vérité ce qui est issu de son imagination ; et ainsi peut se protéger de la dureté de la vie par l’espoir d’une autre vie plus prometteuse ;
La religion aura ensuite recours à un fondateur qui va propager cette vision par un phénomène de masse en adaptant un style de discours à un groupe sociologique ;
Nietzsche analyse de façon critique, les concepts judéo-chrétiens et déduit que la morale religieuse repose sur « une transmutation des valeurs » qui va inverser le sens des concepts de bons et mauvais ; les faibles : les esclaves, le troupeau, sont animés de forces réactives caractérisées par de l’agressivité et du ressentiment ( vengeance ) face aux forces actives, les forts ( ceux qui sont capables de se maîtriser, de créer ) ;
Et la religion serait une arme entre les mains des faibles pour exprimer leur ressentiment et assujettir les forts ; ainsi la pitié, l’altruisme, les valeurs humanitaires sont un système illusoire monté de toute pièce pour se venger de la domination des forts ;

FEUERBACH ( 1804-1872 )

C’est un philosophe allemand qui est parti de la réflexion Hégélienne pour développer une critique athée de la pensée religieuse ;
Pour Hegel la religion est « le but final absolu » de la conscience humaine ;
Dans L’essence du christianisme ( 1841 ) ; Feuerbach démystifie le sentiment religieux ; ce n’est pas dieu qui fait l’homme mais l’homme qui fait Dieu ; et Dieu ne serait que l’image inversée, en négatif de l’homme ; en effet l’homme est incapable de réaliser par ses propres moyens la vérité, le bien , l’amour et va transférer ces attributs humains à un être supérieur imaginaire qu’il appelle Dieu ; la logique religieuse est bâtie sur ce processus d’aliénation c’est-à-dire de perte de soi au profit d’un autre ; par cette soumission aveugle, l’homme concentre toutes ses forces dans cette illusion religieuse et occulte sa raison et sa volonté dans cet amour du divin ; les institutions religieuses, par l’intermédiaire de leurs prêtres, vont contrôler le meilleur de l’homme ( bonté, équité, clairvoyante, compassion … ) pour le projeter dans un « autre » fictif mais pour Feuerbach, la religion conserve une nécessité historique comme une étape de transition vers une prise de conscience de l’essence humaine ; l’homme doit se libérer de cette aliénation en Dieu en se réappropriant ces valeurs inhérentes à l’espèce humaine et se rendre maître de son destin. Il ne s’agit donc pas de révolutionner la morale traditionnelle mais d’en extraire l’élément divin ; réaliser en somme une morale laïque athée.

Karl Marx ( 1818 – 1883 )

Marx s’inspire de cette logique de l’inversion développée par Feuerbach ; il adhère au caractère « illusoire » de cette dialectique Homme /Dieu ; il reprend le thème « c’est l’homme qui fait la religion » ; mais Marx va plus loin , la religion ne serait qu’une fuite de l’homme vers un imaginaire lénifiant et sédatif ; la religion est « l’opium du peuple » ; sa fonction est d’anesthésier, mystifier, narcoser les hommes pour les aider à supporter leur misère et leur exploitation ; la conséquence est le maintien de l’ordre bourgeois grâce à l’illusion d’un monde mythique plus juste;
La pensée religieuse ne serait pas une idéologie propagée par une classe nantie pour subjuguer une classe laborieuse mais un mécanisme fictif d’auto-défense, de consolation, de justification de la souffrance ; il y aurait une transition de la superstructure à la supercherie ; une conversion en une névrose obsessionnelle ;
Marx pense donc qu’il faut éliminer la religion de la classe ouvrière afin qu’elle prenne conscience de sa misère et qu’elle prenne en main son destin par la lutte révolutionnaire. ; il prône la dictature du prolétariat dont le but final est une société sans classe et sans état, fondée sur la mise en commun des moyens de production et l’abolition de la propriété privée; cette idéologie dite « communiste » qui, à l’origine était basée sur le matérialisme sociale, s’est vite érigée en pratique, en une véritable église ; le sens de l’histoire s’apparente étonnamment à une vision messianique ; l’absence de place pour tout autre idéologie ( les partis sont relégués aux « poubelles de l’histoire ») et la sacralisation des dirigeants constituent une résurgence du phénomène religieux mais avec une expression laïque et totalitaire ; il est difficile de se débarrasser des icônes ;

MAX WEBER ( 1864- 1920 )

Philosophe allemand considéré comme le fondateur de la sociologie ; il ne nie pas les théories marxistes fondées sur le rôle prépondérant des « relations de production » dans l’interprétation des faits sociaux, mais celles ci n’expriment pas totalement la complexité du fait socio-religieux ;
Pour Weber la rationalisation croissante du monde, c’est-à-dire la volonté de contrôle et de domination de la nature et de la société, aboutit à optimiser les relations sociales dans le sens de leur efficacité et leur rentabilité ; le capitalisme moderne en est l’organisation la plus puissante et la plus rationnelle ; le protestantisme calviniste réunit des conditions favorables d’épanouissement et donne du sens à cet esprit capitaliste ; les éléments puritains catalyseurs sont : la prédestination au salut ou à la damnation, la vocation terrestre de l’homme à travailler par obéissance à la loi divine, la valorisation de la réussite professionnelle ( L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme 1906 ) ; Le travail devient une fin en soi pour la gloire de Dieu ;
Cette rationalisation du monde occidental est lié au phénomène de désenchantement du monde, la perte de la croyance en l’existence de moyens magiques et plus généralement en l’effet de Dieu sur le monde ; elle a pour conséquence une perte du sens du monde, un appauvrissement spirituel, nihilisme, bureaucratie ; le vide est source de nostalgie, un nouvel esprit religieux peut renaître de ses cendres dans une dimension imprévisible ;

La religion reprend son intérêt pour certains philosophes comme Bergson

BERGSON ( 1859 – 1941 )

philosophe parisien juif qui s’est opposé au scientisme et au matérialisme de la fin du 19° siècle ; sa pensée évolue vers la mystique chrétienne ; La religion pour Bergson est une nécessité ; une réaction de lutte contre l’égoïsme ; dans « Les Deux Sources de la morale et de la religion 1932, Bergson distingue dans l’ordre social 2 types de morale et de religion :
- Une religion statique basée sur le respect des traditions, faite d’obligations et d’interdits dont la finalité est de maintenir la société dans un état d’équilibre et de conservation ; et de lutter contre « le pouvoir dissolvant de l’intelligence » dangereuse pour la cohésion sociale ;
- Une religion dynamique : désintéressée et mystique, elle est fondée sur « l’élan vital » qui fait prendre conscience que l’homme fait partie d’un mouvement facteur de progrès moral ; la finalité est la canalisation des mysticismes et la promotion revitalisante de l’humanité ;

La vision Freudienne de la religion

FREUD ( 1856 – 1939 )

Freud s’appuie sur les thèses phylogénétiques de DARWIN et Lamarck, en particulier la théorie des 3 « phases » empruntées aux anthropologues : la phase animiste ( fétichiste ) ; la phase religieuse ( polythéiste puis monothéiste ) ; la phase scientifique ; l’esprit humain progresserait selon une « loi » universelle à travers 3 états :
- dans l’enfance : un état théologique
- A l’adolescence : un état métaphysique
- A l’âge adulte : un état scientifique

1° - dans l’enfance : l’esprit humain est anthropomorphiste à l’image de cette dépendance des parents qui sont représentés comme des géants ou des dieux, l’univers est peuplé de dieux, de puissances surnaturelles à laquelle on exprime une déférence ; c’est la phase théologique ; quand des phénomènes interviennent, ceux qui échappent à notre entendement trouvent en la magie ou la toute puissance leur origine ;

2° - A l’Adolescence ; il existe une nostalgie de ce monde magique, féerique, qui peut donner lieu à des sentiments de mélancolie, culpabilité ou ressentiment ;
la croyance serait un mécanisme de réparation ; une quète du paradis perdu ; la religion devient alors un processus de recouvrement de la félicité d’origine ; un fantasme du ventre maternel, le désir d’être un élément du tout ; cette pulsion de fusion dans la masse ( auto-dissolution du moi est en opposition avec cette recherche de l’individuation incarnée par le diable dans beaucoup de religions ;
A l’adolescence, l’esprit humain est tourné vers la métaphysique ; il se produit une tendance à la conceptualisation de la cosmologie en se dégageant de l’anthropomorphisme;

3° - A l’âge adulte
l’esprit humain adopte une conception scientifique du monde ; on recherche derrière les faits une rationalité ; on réalise que les dieux ne sont que le fruit de l’imaginaire ; une explication simpliste des phénomènes sans cause apparente ;
cependant le vieillissement entraîne des épreuves cruelles, des peines, et enfin une prise de conscience de notre finitude ; la religion prend de nouveau sa place comme pourvoyeuse d’un nouvel espoir ; d’une illusion en un au-delà, en un dieu providence protecteur face à la dureté de la vie ;
plutôt qu’une fuite en une névrose individuelle, le choix se porte inconsciemment vers une névrose obsessionnelle universelle ; la religion remplit alors une fonction de sédatif ou d’anxiolytique par la promesse d’un au-delà à la dimension de nos attentes.

Claude LEVY-STRAUSS

né en 1908 et dont fêtera le centenaire en 2008
il s’est opposé à DURKHEIM en particulier sur l’idée que la société est à la source de toute forme de pensée, que ce soit la pensée religieuse ou scientifique ;
CLS dénonce l’identification du totémisme à une institution autonome, distincte de la religion ; le discours religieux a pour substrat la totalité de d’expérience humaine ; dans cette approche structuraliste, la religion n’a de sens que par rapport à un tout ; « le totémisme est une unité artificielle qui existe seulement dans la pensée de l’ethnologue et à quoi rien de spécifique ne correspond en dehors » ;
CLS, en développant l’illusion de l’ethnocentrisme, relève l’ « illusion archaïque » qui consiste à croire que la « pensée primitive » pourrait être une pensée primaire, encore au stade d’enfance de la pensée ; et dont l’évolution finale serait nos croyances ;
L’illusion est de croire que les religions étrangères sont des formes puériles voire sauvages de nos systèmes culturels ;
La magie, comme la science , est un système d’approche, inégale quant à son résultat, de la connaissance du monde ; La pensée sauvage , loin d’être « pré-logique », à l’instar de la démarche scientifique , identifie, ordonne, interprète les phénomènes ; l’objectif, n’est pas la domestication de la nature, mais la construction d’un modèle pourvu d’une signification ; à ce titre, les mythes seraient de puissantes organisations capables de donner du sens aux objets, aux signes et au monde vivant au point parfois de produire un excès de signifiant par rapport au signifié; ce décalage pourrait être à l’origine de l’inconscient ;
L’ethnologue en fait étudie, non pas la vérité de l’homme, mais la vérité à travers l’Homme ;



Le fondamentalisme : une lecture totalitaire de la religion

Etymologiquement
C’est un retour à une « forme » primitive, stricte d’une doctrine religieuse ;
Il traduit l’attachement passéiste, réactionnaire au texte religieux ;
En effet avec le temps, le texte sacré a subi diverses interprétations permettant une adaptation de la loi à la réalité du moment ; la dérive fondamentaliste consiste à revenir au texte premier pour définir une nouvelle orthopraxie ;
Cette notion très ancienne, déjà connue au VIII° siècle avec le karaïsme qui enseignait la primauté de la loi écrite ( torah ) sur le talmud , a permis le développement de nombreuses sectes ;
Mais cette notion prend une coloration différente avec le Fondamentalisme révolutionnaire qui met en exergue la conception d’une vérité unique et absolue ;

Le FR s’inscrit dans un courant religieux conquérant, coercitif vis-à-vis des coreligionnaires plus laxistes et de tous les mécréants ( membres des autres confessions, agnostiques ou athées ) ;
La violence la plus barbare trouve alors sa légitimité pour renverser l’ordre impie ; le fondamentalisme révolutionnaire n’est pas l’apanage des musulmans dits « intégristes », il s’est rencontré tout au long de l’histoire avec les croisades, les guerres de religion du moyen âge la saint-Barthélemy, l’inquisition ; les guerres civiles religieuses d’Irlande ;
Actuellement le FR musulman est le plus préoccupant, comme une résurgence ténébreuse du passé ; cette forme d’Islam a des fondements politiques et mêle sans distinction le spirituel et le temporel à des fins hégémoniques ;
Mais d’où vient que chaque religion est amenée à exprimer par la violence son attachement à sa foi ?
La religion est-elle finalement le vecteur nécessaire de cette violence ?
Les religions ont à la fois un message pacifique et belliqueux ; le problème est celui de l’interprétation singulière des écritures sacrées ; c’est le principe de l’auberge espagnole, on y trouve ce qu’on y amène ; les écritures sont le reflet de nos fantasmes et de notre propre violence ; les pulsions destructrices propres à l’homme trouvent leur légitimité, leur sublimation dans la foi qui se transforme alors en fanatisme religieux ;
La religion révèle la Vérité ; aussi la foi en cette vérité absolue provoque le rejet de toute autre vérité ;
La soumission aveugle au dogmatisme sacré dans sa dimension fondamentale peut-être à l’origine d’une illusion religieuse en décalage avec la raison ; le fanatisme commence lorsque la vérité religieuse est portée en vérité objective, universelle ; les textes sacrés ne peuvent être conçus que comme une approche personnelle, subjective du lien entre l’individu et l’infini ; une thérapie symbolique face à l’angoisse existentielle ;
La violence religieuse peut apparaître dès que la religion sort du cadre privé ; en particulier quand elle revêt une dimension politique et idéologique ; c’est la raison pour laquelle la plupart des sociétés démocratiques ont bâti un droit laïc avec une séparation des églises et de l’état ; la société est pluraliste et doit respecter la subjectivité de chacun ; la conversion universelle de toute une population à une éthique religieuse reste un mythe, un miracle qui provoquerait un délire spontané collectif utopique ;
Cependant la vision onirique n’a pas de limite ; la violence religieuse apparaît quant cette illusion se transforme en vérité universellement imposée.

RELIGION ou SECTE : les limites

Définition : une secte est un groupement organisé dont les membres ont adopté une doctrine et des pratiques différentes de celles de la religion primitive ;

Historiquement il existe une notion de dissidence par rapport à un groupe religieux majoritaire sans aucune connotation péjorative ;

Etymologiquement , secte dérive de sequi, qui signifie « suivre » ou de sectare, qui signifie « couper »
On retrouve l’idée de suivre un leader sécessionniste ;

Mais avec l’apparition des nouveaux courants sectaires, le mot secte revêt une très forte connotation péjorative ; elle désigne des groupement totalitaires aliénant ses adeptes pour les exploiter ; les adhérents sont en rupture avec la société et ses normes ;
Définition de la Commission Des droits de l’Homme : « groupement se présentant ou non comme une religion et dont les pratiques sont susceptibles de tomber sous le coup de la législation protectrice des droits des personnes ou du fonctionnement de l’Etat de droit » ;

Contrairement à la religion, la notion de Dieu est remplacée par l’idée qu’un individu disposant de facultés charismatiques est l’héritier d’un pouvoir transcendantal lui donnant une autorité absolue sur tous ses adeptes ;
Par des méthodes de manipulation mentale, une illusion collective est construite de toute pièce pour servir les ambitions délirantes d’une organisation totalitaire ;

Le courant sectaire ressemble au courant religieux ou plus exactement il s’inspire du courant religieux pour véhiculer un message pervers, en décalage avec l’intérêt de l’adepte ; Le mysticisme , l’ésotérisme sont habituels, le rite religieux, les nouvelles obligations dogmatiques inscrivent l’adepte dans un nouveau référentiel ;

La distinction par rapport à la religion reste le bénéfice réel pour l’adepte ; encore que cette notion reste très difficile à apprécier ; le plus souvent l’escroquerie est manifeste et relève d’une juridiction pénale ; exploitation financière, abus sexuel, manipulation mentale, brimades et sévices corporels sont fréquents ;
Partant de cette notion péjorative du mot secte, ces courants de pensée parlent plutôt de « nouveaux mouvements religieux » , de nouvelles spiritualités ; mais la critique porte toujours sur la notion de manipulation mentale, d’endoctrinement ;
L’individu souvent atteint d’une pathologie névrotique, d’un infantilisme psychique vient chercher dans une collectivité une protection magique dont le prix à payer est une soumission inconditionnelle à une communauté souvent totalitaire ; rien ne s’oppose à ce que chacun adopte la spiritualité qu’il désire, encore faut-il que la liberté de choix puisse s’exprimer ; la vulnérabilité mentale ( névrose, dépression, perte des repères sociaux) offre à des organisations sectaires une emprise sur l’individu ; mais il appartient aux institutions judiciaires que chaque personne, membre de ces groupements, soit bien capable d’exercer son libre arbitre et d’interdire les sectes qui ont donné lieu à des malversations et escroqueries ;
Certaines religions peuvent avoir un comportement sectaire ; sans revenir sur le fondamentalisme religieux révolutionnaire islamique, certains groupes orthodoxes ont tendance à pratiquer un véritable endoctrinement par un programme d’enseignement religieux exclusif, rompre les liens avec le monde non orthodoxe au point de créer une véritable aliénation, influencer les mariages intra-communautaires sous peine d’anathèmes ; réclamer des dons numéraires pour alimenter une autorité religieuse organisée .

CONCLUSION

Toute religion a comme support la foi dans le sacré ; un culte collectif ; une église qui définit les obligations cultuelles ; elle propose fréquemment une doctrine du Salut de nature à réconforter l’individu face à ses angoisses existentielles ; la société civile s’est largement inspirée du modèle religieux pour fonder ses lois ; mais la garantie de la liberté et du pluralisme a été la séparation du politique du religieux ;
La religion apporte un effet thérapeutique certain pour les individus librement consentants qui en expriment le besoin ; mais le système repose sur une illusion ennemie de la raison puisqu’on ne peut ni démontrer, ni infirmer l’existence de Dieu ; la religion possède une certaine cohérence si on admet, par le truchement de la révélation, les postulats, les dogmes ; elle s’apparente alors aux disciplines mathématiques qui demeurent vraies dans un référentiel donné ; l’objectif recherché n’est pas la démonstration illusoire de l’irrationnel mais la paix de l’âme ; la philosophie a la même ambition, sans la soumission à un Dieu ou à une organisation pontificale mais la critique qu’elle propose génère plus de questions que de réponses.
Hormis « la Secte » qui pourrait être l’art de la manipulation, « la Religion » est l’art de la réponse alors que « la philosophie » est l’art de la question.

1 comment:

Naravas said...

Pour Freud, il n'y a quand même pas que le côté phylogénétique (qui, il est vrai, est désuet) dans sa vision de la religion. Il y a surtout la détresse infantile, le complexe d'Oeudipe, le besoin d'un père exalté, le lien avec les désirs humains fondamentaux, la comparaison avec la névrose et le délire, etc.